{"id":11152,"date":"2021-01-05T21:45:43","date_gmt":"2021-01-05T21:45:43","guid":{"rendered":"https:\/\/gaggaalliance.org\/sorganiser-collectivement-pour-la-resistance-des-conversations-sous-divers-points-de-vue\/"},"modified":"2021-01-05T21:45:43","modified_gmt":"2021-01-05T21:45:43","slug":"sorganiser-collectivement-pour-la-resistance-des-conversations-sous-divers-points-de-vue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/gaggaalliance.org\/fr\/sorganiser-collectivement-pour-la-resistance-des-conversations-sous-divers-points-de-vue\/","title":{"rendered":"S&rsquo;organiser collectivement pour la r\u00e9sistance: des conversations sous divers points de vue"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00c9crit par \u00c9vora Barreiro, consultante du Programme Femmes et Justice Environnementale \u00e0 la FCAM)<\/em><\/p>\n<blockquote><p><em>\u00abCe n\u2019\u00e9tait pas l\u2019endroit, c\u2019\u00e9tait les gens. Tant d&rsquo;histoires, de couleurs et de luttes, mais un objectif commun: apprendre de nos diff\u00e9rences, renforcer ce qui nous unit pour d\u00e9fendre nos terres, l&rsquo;environnement et notre m\u00e8re nature.\u201d<\/em><\/p>\n<p>&#8211; Catarina Bernal Brito, Asociaci\u00f3n Q&rsquo;Imb&rsquo;Al (Association Q&rsquo;Imb&rsquo;Al), Guatemala<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Lorsque l\u2019on parle du travail actuellement engag\u00e9 dans la d\u00e9fense des terres et des biens communs naturels qui nous soutiennent en tant qu&rsquo;esp\u00e8ce, il nous faut parler du nouveau r\u00e9cit men\u00e9 et promu par les jeunes femmes qui, sur la base d&rsquo;un v\u00e9ritable engagement politique et d&rsquo;une id\u00e9ologie, sont en premi\u00e8re ligne pour d\u00e9fendre des terres. Elles font avancer et inspirent les mouvements existants \u00e0 partir de nouvelles perspectives, qui relient l&rsquo;humain, le naturel et le spirituel, et lient le f\u00e9minisme et l&rsquo;\u00e9cologie \u00e0 travers une philosophie qui repose sur le principe que le corps et la terre que nous devons d\u00e9fendre sont une seule et m\u00eame chose; ils sont ce qui nous constitue, ce qui nous soutient et ce qui nous unit.<\/p>\n<p>En octobre 2019, sous les latitudes sud de ce continent, deux r\u00e9unions ont eu lieu: l&rsquo;une au Chili et l&rsquo;autre au P\u00e9rou. Des femmes de toute l&rsquo;Am\u00e9rique latine et des Cara\u00efbes se sont r\u00e9unies pour discuter des \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s des organisations dirig\u00e9es par des jeunes femmes et des pratiques alternatives qu&rsquo;elles utilisent comme mesures de r\u00e9silience et de r\u00e9sistance aux multiples formes de violence qui nous affligent.<\/p>\n<p>Le m\u00eame mois, le camp \u00abAyni Clim\u00e1tico\u00bb a eu lieu \u00e0 proximit\u00e9 du Chili, et \u00e0 Lima, au P\u00e9rou, s\u2019est tenue le R\u00e9union sur les femmes et la biodiversit\u00e9), dans le cadre du III Congr\u00e8s des zones prot\u00e9g\u00e9es d\u2019Am\u00e9rique latine et des Cara\u00efbes) (populairement connu sous le nom de CAPLAC).<\/p>\n<p>Quelques mois plus tard, nous nous sommes entretenus avec Yoseling, Maudy, Andrea, Catarina, Luz Marina et Raquel. Avec le recul, elles ont parl\u00e9 r\u00e9trospectivement de leur participation et ont partag\u00e9 leurs r\u00e9flexions intimes du plus profond de leur \u00eatre. En les \u00e9coutant parler, nous ne pouvons nous emp\u00eacher d\u2019\u00eatre \u00e9mus. Elles partagent avec nous leurs exp\u00e9riences de leurs diff\u00e9rents points de vue et expliquent comment le mouvement de r\u00e9sistance se d\u00e9veloppe collectivement.<\/p>\n<p><em>Les organisations dans lesquelles ces femmes sont toutes impliqu\u00e9es et auxquelles elles appartiennent sont partenaires du programme Femmes et Justice Environnementale du FCAM) en Am\u00e9rique centrale depuis 2016.<\/em><\/p>\n<p>Yoseling Guardado, La Colectiva Feminista , El Salvador<\/p>\n<p>Le concept d &lsquo;\u00abAyni\u00bb dans les cultures andines fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la r\u00e9ciprocit\u00e9 et au soutien mutuel, et repose sur le lien entre les mondes humain, naturel et spirituel. En quelques mots, que signifiait pour vous la participation au camp \u00abAyni Clim\u00e1tico\u00bb au Chili?<\/p>\n<p>C&rsquo;\u00e9tait comme une nouvelle et diff\u00e9rente fa\u00e7on de voir les atouts naturels, parce que le syst\u00e8me capitaliste et extractiviste dans lequel nous vivons nous a mis en t\u00eate que les \u00abressources\u00bb sont l\u00e0 uniquement pour satisfaire nos besoins, plut\u00f4t que pour vivre aux c\u00f4t\u00e9s de ces atouts.<\/p>\n<p>Apprendre \u00e0 conna\u00eetre les positions de diff\u00e9rentes personnes avec des visions du monde et une compr\u00e9hension diff\u00e9rentes de ce qu&rsquo;est la vie; de ce que signifie vivre en r\u00e9ciprocit\u00e9 avec la terre, avec l&rsquo;eau, avec l&rsquo;air, avec nos relations avec les autres; pour moi, ce fut une exp\u00e9rience d&rsquo;apprentissage. Cela a chang\u00e9 mon regard sur les atouts naturels et m&rsquo;a permis d&rsquo;int\u00e9rioriser davantage l&rsquo;exp\u00e9rience des diff\u00e9rentes luttes de r\u00e9sistance. Bien que la nature de chaque lutte soit diff\u00e9rente \u00e0 bien des \u00e9gards, nous avons toujours un terrain d&rsquo;entente, qui sera toujours bas\u00e9 sur la d\u00e9fense des biens naturels.<\/p>\n<p>Avez-vous eu le sentiment que la participation \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement \u00e9tait diff\u00e9rente de celle des autres types d&rsquo;espaces des mouvements f\u00e9minins et environnementaux auxquels vous avez particip\u00e9?<\/p>\n<p>Oui. Tout d\u2019abord, tous les gens l\u00e0-bas \u00e9taient jeunes. Nous \u00e9tions des femmes et des hommes de r\u00e9alit\u00e9s tr\u00e8s diff\u00e9rentes; urbaines, rurales, &#8230; mais le plus beau \u00e9tait de trouver un terrain d&rsquo;entente malgr\u00e9 toutes nos diff\u00e9rences.\u00a0 \u00c0 cela, je dois ajouter l&rsquo;espace de spontan\u00e9it\u00e9, la r\u00e9ciprocit\u00e9 qui a \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9r\u00e9e et l&rsquo;autonomie que nous avions (d&rsquo;autant plus que nous n&rsquo;\u00e9tions pas oblig\u00e9s de participer \u00e0 tout) &#8211; et aussi que nous avions l&rsquo;opportunit\u00e9 et la libert\u00e9 de diriger un atelier, de partager ou parler avec qui vous vouliez. C&rsquo;\u00e9tait diff\u00e9rent, vraiment agr\u00e9able et tr\u00e8s pr\u00e9cieux en m\u00eame temps.<\/p>\n<p>Maudy Ucelo, Asociaci\u00f3n de Mujeres Xinkas de Santa Mar\u00eda de Xalap\u00e1n &#8211; AMISMAXAJ (<em>Association des femmes Xinka de Santa Mar\u00eda \u00e0 Xalap\u00e1n<\/em>), Guatemala<\/p>\n<p>Ce fut une exp\u00e9rience \u00e9mouvante pour vous: c&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois que vous voyagiez \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de votre pays et vous avez \u00e9galement facilit\u00e9 l&rsquo;acte d&rsquo;ouverture du camp avec les autres participants de diff\u00e9rents pays d&rsquo;Am\u00e9rique latine. Qu&rsquo;avez-vous ressenti sur le plan personnel? Que signifiait cette rencontre pour vous en tant que femme, jeune Xinka et en tant que d\u00e9fenseur des biens communs?<\/p>\n<p>En tant que jeune femme, je me sentais tr\u00e8s excit\u00e9e d&rsquo;\u00eatre l\u00e0, dans un espace international, \u00e0 repr\u00e9senter les jeunes femmes d&rsquo;AMISMAXAJ. C&rsquo;\u00e9tait magnifique et je ne peux pas l&rsquo;exprimer pleinement avec des mots, m\u00eame si je me sentais un peu nerveuse car je n&rsquo;avais jamais fait la c\u00e9r\u00e9monie d&rsquo;ouverture toute seule auparavant, et j&rsquo;\u00e9tais \u00e9galement en dehors de ma r\u00e9gion, de mon pays, de ma culture et de mon organisation.<\/p>\n<p>Lors de la c\u00e9r\u00e9monie d&rsquo;ouverture, j&rsquo;ai senti qu&rsquo;il y avait des \u00e9nergies qui me traversaient; que ce n&rsquo;\u00e9tait pas moi qui parlais, mais la somme des \u00e9nergies de mes anc\u00eatres qui exprimaient \u00e0 travers moi ce qu&rsquo;est notre vision du monde Xinka.<\/p>\n<p>Et qu&rsquo;en est-il pour AMISMAXAJ?<\/p>\n<p>J&rsquo;ai ramen\u00e9 avec moi beaucoup d&rsquo;informations qui nous ont aid\u00e9s avec l&rsquo;organisation et parmi mes coll\u00e8gues. Pendant que j&rsquo;\u00e9tais l\u00e0-bas, j&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 que non seulement nous nous battons pour la m\u00eame chose, mais aussi que nous sommes tous des jeunes dans des endroits diff\u00e9rents. J\u2019ai le sentiment qu\u2019au Guatemala, les contributions des jeunes qui participent \u00e0 des espaces de r\u00e9sistance pour le bien commun ne sont pas toujours reli\u00e9es ou vues, et c\u2019est un peu inqui\u00e9tant. Parfois je me sens d\u00e9prim\u00e9e &#8211; comment est-il possible que seuls certains d&rsquo;entre nous, qui sont si peu nombreux, puissent faire changer les choses dans des espaces aussi r\u00e9duits? Voir et rencontrer des gens d&rsquo;autres pays repr\u00e9sentant d&rsquo;autres organisations m&rsquo;a remplie d&rsquo;une grande force et m&rsquo;a encourag\u00e9e \u00e0 continuer \u00e0 me battre pour d\u00e9fendre notre Terre M\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Vos exp\u00e9riences lors de la r\u00e9union \u00e9taient-elles tr\u00e8s diff\u00e9rentes de ce que vous connaissiez ou de ce que vous avez d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu au Guatemala? Y a-t-il eu une exp\u00e9rience ou une histoire des Ayni qui vous a marqu\u00e9?<\/p>\n<p>Je me suis identifi\u00e9e \u00e0 plusieurs coll\u00e8gues participants de Colombie, du P\u00e9rou et du Paraguay. Les histoires qui m&rsquo;ont le plus marqu\u00e9e sont celles du P\u00e9rou, o\u00f9 des organisations de jeunes dirigent des mouvements de r\u00e9sistance tr\u00e8s puissants contre l&rsquo;exploitation mini\u00e8re. En entendre parler m\u2019a imm\u00e9diatement rappel\u00e9 la confrontation que nous avons eue avec la soci\u00e9t\u00e9 mini\u00e8re et comment nous avons organis\u00e9 le sit-in \u00e0 Santa Mar\u00eda de Xalap\u00e1n en r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>Et bien que nos patries soient \u00e9loign\u00e9es, nous avons tant en commun, non seulement dans la lutte pour la d\u00e9fense de la terre, mais aussi dans la lutte pour les droits des d\u00e9fenseurs des droits de l\u2019homme. Et l&rsquo;histoire de Bernarda du Paraguay\u2026 (avant de continuer, il y a un silence)\u2026 Elle et sa famille ont souffert de la criminalisation et de la pers\u00e9cution directe, pour avoir d\u00e9fendu la Terre M\u00e8re contre une soci\u00e9t\u00e9 mini\u00e8re, et ont d\u00fb fuir vers un pays voisin o\u00f9 on lui a donn\u00e9 un endroit o\u00f9 rester. Dans mon cas, dans notre cas en tant que AMISMAXAJ, nous n\u2019avons pas atteint ce point. Ce qui me surprend le plus, c\u2019est que Bernarda n\u2019a pas peur, elle continuera \u00e0 se battre et donnera sa vie pour la terre et pour le bien commun, non pas parce que c\u2019est dans son int\u00e9r\u00eat mais parce que c\u2019est dans notre int\u00e9r\u00eat \u00e0 tous. C&rsquo;est admirable et me remplit de force, dans le sens o\u00f9 \u00e0 mesure que j&rsquo;acquiers de l&rsquo;exp\u00e9rience dans l&rsquo;organisation, dans ma communaut\u00e9, chez moi et aussi en partageant et en \u00e9coutant les exp\u00e9riences de mes coll\u00e8gues et compagnons, je me d\u00e9veloppe personnellement.<\/p>\n<p>En une phrase: Qu&rsquo;est-ce qui a \u00e9t\u00e9 le plus frappant dans votre participation au camp \u00abAyni Clim\u00e1tico\u00bb sur la justice climatique?<\/p>\n<p>La diversit\u00e9, la recherche d\u2019un consensus au sein de cette diversit\u00e9 et la connaissance que nous tirons de cette pratique des coutumes historiques des peuples autochtones, en nous reconnaissant comme faisant partie de ce continent qu\u2019est l\u2019Am\u00e9rique; des terres qui ont des racines, des peuples ancestraux et tant de richesses naturelles.<\/p>\n<p>En tant que jeune femme et d\u00e9fenseur des terres dans un contexte difficile comme celui du Honduras, pensez-vous que cette rencontre vous a donn\u00e9 plus d&rsquo;outils pour votre travail?<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr. Il est important de savoir que des personnes de r\u00e9alit\u00e9s et de pays diff\u00e9rents se battent pour la dignit\u00e9 des gens et que nous pouvons parvenir \u00e0 un consensus sur les atouts naturels et construire un constituant minimum (c&rsquo;est ainsi que nous avons d\u00e9cid\u00e9 de l&rsquo;appeler lors de l&rsquo;Ayni) \u00e0 partir duquel nous pourrons orienter les diff\u00e9rents aspects.<\/p>\n<p>Nous avons parl\u00e9 des choses qui sont les plus profondes pour nous en tant que jeunes: le respect et la reconnaissance de la diversit\u00e9 de la nature, des cultures, de nous en tant qu&rsquo;organisations, de peuples diff\u00e9rents et comment notre diversit\u00e9 nous donne de la force. Il \u00e9tait \u00e9galement important de reconna\u00eetre toute l&rsquo;exp\u00e9rience que les jeunes ont, ainsi que les \u00e9nergies et le d\u00e9sir qu&rsquo;ils ont de construire un pays, une r\u00e9gion et un monde totalement diff\u00e9rents des r\u00e9alit\u00e9s actuelles de ces projets d&rsquo;extraction et de pillage. Nous y mettons tout notre c\u0153ur et toute notre t\u00eate, nous \u00e9laborons des strat\u00e9gies en gardant les id\u00e9es claires, et nous savons clairement sur ce pourquoi nous nous battons, m\u00eame si les chemins que nous empruntons pour y parvenir ne sont peut-\u00eatre pas tout \u00e0 fait clairs. Mais il y a une chose dont nous sommes certains, c&rsquo;est que nous voulons que le monde soit diff\u00e9rent et que nous avons la responsabilit\u00e9 d&rsquo;agir, de faire quelque chose. Je pense qu\u2019il \u00e9tait tr\u00e8s important de le reconna\u00eetre.<\/p>\n<p>Le Forum \u00abMujeres por la Vida\u00bb ( Femmes pour la vie) est un espace qui rassemble diff\u00e9rentes organisations communautaires de femmes, y compris des jeunes femmes, et par cons\u00e9quent, les actions de r\u00e9sistance et de plaidoyer politique sont tr\u00e8s vari\u00e9es en fonction de chaque contexte local. Y a-t-il quelque chose que vous avez v\u00e9cu pendant le Camp Ayni qui est tr\u00e8s diff\u00e9rent de ce que vous avez fait et que vous aimeriez pouvoir mettre en pratique avec le Forum?<\/p>\n<p>Nous devons admettre que nos pratiques artistiques pr\u00e9sentent pas mal de faiblesses. Nous produisons nos mandalas et avons des conversations sur nos anc\u00eatres, sur les femmes qui nous ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s, mais nous avons de profondes faiblesses \u00e0 \u00e9crire sur ces femmes, \u00e0 enqu\u00eater davantage, \u00e0 se souvenir de leurs chemins et \u00e0 les relier \u00e0 nous. Il y a des choses dont nous (ici au Honduras) n&rsquo;avons pas encore beaucoup parl\u00e9, comme les moyens de r\u00e9utiliser les d\u00e9chets ou de faire un travail de plaidoyer aupr\u00e8s des organisations internationales qui prennent des d\u00e9cisions sur le changement climatique et sur l&rsquo;environnement. Bien que nous fassions beaucoup de travail de plaidoyer au niveau national, nous devons aller plus loin dans notre r\u00e9flexion &#8211; par exemple, pour changer les processus de recherche des organisations internationales qui prennent des d\u00e9cisions. J\u2019aimerais mettre en pratique certaines techniques mentionn\u00e9es dans l\u2019Ayni pour collecter la m\u00e9moire historique, pour la syst\u00e9matisation des luttes de r\u00e9sistance comme moyen d&rsquo;\u00e9crire notre histoire.<\/p>\n<p><em>Cr\u00e9dit photo: Pavel Martiarena, TierrActiva Per\u00fa<\/em><\/p>\n<p>Au Honduras et dans les pays o\u00f9 vous travaillez, le mod\u00e8le de d\u00e9veloppement qui a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 est celui qui oblige les gens \u00e0 quitter leurs foyers parce qu&rsquo;il ne leur laisse aucun moyen de continuer \u00e0 survivre. \u00c0 l&rsquo;Ayni, avez-vous entendu parler d&rsquo;exp\u00e9riences qui poussent \u00e0 des mod\u00e8les de production respectueux et durables, et si oui, pensez-vous que ce soit diff\u00e9rent de ce que les femmes honduriennes recherchent et exigent?<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, \u00e7a ne l\u2019est pas (tr\u00e8s diff\u00e9rent). C&rsquo;est exactement notre combat: construire un processus politique qui soit respectueux dans tous les sens du terme &#8211; envers nous les humains et envers la nature, qui prenne soin de nous et de la nature parce que la nature est ce qui nous nourrit et c&rsquo;est ce \u00e0 quoi nous sommes le plus fortement li\u00e9s. . Nous existons parce que la nature, la terre, les \u00e9nergies spirituelles existent\u2026 et c\u2019est pour cette raison que tout ce qui nous entoure existe. Ce n\u2019est donc pas tr\u00e8s diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>Notre pays est dans une d\u00e9pression collective en raison des mauvaises d\u00e9cisions prisent pendant le mouvement de r\u00e9sistance et des erreurs qui ont \u00e9t\u00e9 commises qui continuent de nous affecter beaucoup. Apr\u00e8s le coup d&rsquo;\u00c9tat (2009), un tr\u00e8s fort mouvement de r\u00e9sistance est apparu et nous, les femmes, y avons inject\u00e9 beaucoup d&rsquo;\u00e9nergie, cependant, ces \u00e9nergies ont \u00e9t\u00e9 canalis\u00e9es d&rsquo;une mani\u00e8re qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tourn\u00e9e de ce que nous esp\u00e9rions, et en cons\u00e9quence, nous avons un pays d\u00e9prim\u00e9. Cette d\u00e9pression nous rend \u00e9galement d\u00e9\u00e7ues par la r\u00e9alit\u00e9 dans laquelle nous vivons, une r\u00e9alit\u00e9 pour laquelle des milliers de familles doivent fuir et \u00e9migrer. Et je ne parle pas d\u2019\u00e9trangers, mais de notre peuple; notre famille, nos s\u0153urs, cousins, oncles qui partent parce que nous n\u2019avons pas d\u2019espaces pour grandir, travailler, \u00e9tudier &#8211; les choses les plus \u00e9l\u00e9mentaires, nous n\u2019avons pas les moyens de nous nourrir.<\/p>\n<p>Il est vrai que nous avons une tr\u00e8s longue et tr\u00e8s forte histoire de migration, bien s\u00fbr; mais les niveaux de corruption, de violence contre nous les femmes, contre nous les jeunes\u2026 ont atteint des niveaux scandaleux et insupportables. Nous avons m\u00eame des coll\u00e8gues membres de notre organisation qui partent. Nous avons une vision politique qui inclut tous ces r\u00eaves et ces objectifs, mais la r\u00e9alit\u00e9 est aussi assez \u00e9crasante. Ceux d&rsquo;entre nous qui restent sont oblig\u00e9s de s&rsquo;engager dans des projets beaucoup plus respectueux et plus forts, mais nous le faisons dans la solitude, car nous sommes peu nombreux. La bonne approche est d&rsquo;offrir quelque chose de diff\u00e9rent parce que nous savons que le syst\u00e8me que nous avons actuellement est pratiquement inutile, il s&rsquo;est effondr\u00e9 et sa seule fonction est de continuer \u00e0 maintenir en vie les parties qui en b\u00e9n\u00e9ficient.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quelles le\u00e7ons avez-vous tir\u00e9es d&rsquo;Ayni en ce qui concerne l&rsquo;union des efforts des mouvements de femmes et environnementaux au Honduras?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je pense que nous faisons beaucoup de choses similaires, m\u00eame si nous pouvons voir que nous avons des pratiques diff\u00e9rentes. Nous avons r\u00e9ussi \u00e0 nous connecter les uns aux autres, nous avons reconnu notre connexion. Nous partageons l&rsquo;objectif que nous, en tant que jeunes, femmes et personnes diverses, soyons pr\u00e9sents et protagonistes directs de ces processus de r\u00e9sistance. Nous avons discut\u00e9 du mouvement f\u00e9ministe, du mouvement pour la diversit\u00e9 LGBTI (Lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes) et de la mani\u00e8re dont cette diversit\u00e9 nous relie de mani\u00e8re tr\u00e8s profonde, au c\u0153ur de notre corps avec toute la nature, avec la terre, avec la vie en g\u00e9n\u00e9ral. Apr\u00e8s tout, notre objectif est de d\u00e9fendre nos terres, notre maison et de construire un syst\u00e8me diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>Au cours des trois derni\u00e8res ann\u00e9es, les deux mouvements se sont rapproch\u00e9s d&rsquo;une mani\u00e8re beaucoup plus forte, en convergeant, en mettant\u00a0 l\u2019accent sur les droits des femmes et les droits de notre corps, et en \u00e9tablissant un lien avec les mouvements de femmes qui luttent pour la terre, pour la nature, pour les biens naturels et les biens communs. Nous allons dans la bonne direction. Bien qu&rsquo;il reste encore beaucoup \u00e0 faire et \u00e0 adopter des pratiques avec plus de force, comme produire notre propre nourriture, cesser de participer aux mod\u00e8les de monoculture et en m\u00eame temps promouvoir des alternatives comme les coop\u00e9ratives ou les espaces pour les femmes qui parlent avec une plus grande force sur les mouvements f\u00e9ministes.<\/p>\n<p>Catarina Bernal Britto, Asociaci\u00f3n de Mujeres Tejedoras Q\u2019Imb\u2019Al (<em>Association des femmes tisserandes de Q\u2019Imb\u2019Al<\/em>), Guatemala<\/p>\n<p>Selon vous, quel a \u00e9t\u00e9 votre plus grand moment d&rsquo;apprentissage lors de cette rencontre?<\/p>\n<p>Mon plus grand moment d&rsquo;apprentissage a \u00e9t\u00e9 lorsque nous avons tous form\u00e9 un seul corps et que nous avons vu que ce corps est comme notre plan\u00e8te; il existe de nombreuses menaces, mais nous devons nous-m\u00eames \u00eatre le changement et nous devons prendre soin de la Terre M\u00e8re.<\/p>\n<p>Quelles actions sont men\u00e9es par les jeunes femmes mayas d&rsquo;Ixil dans leurs communaut\u00e9s pour faire face \u00e0 l&rsquo;urgence climatique?<\/p>\n<p>En tant que jeunes femmes mayas d&rsquo;Ixil, nous sensibilisons les gens \u00e0 la protection de l&rsquo;environnement pour lutter contre le changement climatique et \u00e0 la mani\u00e8re de continuer \u00e0 cultiver en utilisant les graines anciennes qui nous identifient en tant que peuple. Nous encourageons les gens \u00e0 ne plus consommer les conserves promues par les grandes industries et nous proposons de r\u00e9duire l&rsquo;utilisation des sacs en plastique. Face aux pratiques extractivistes dans la r\u00e9gion d&rsquo;Ixil (principalement la centrale hydro\u00e9lectrique et l&rsquo;abattage d&rsquo;arbres \u00e0 des fins commerciales), notre r\u00e9ponse est d&rsquo;organiser le reboisement des terres.<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab\u00ab Aby Yala \u00bbsignifie terre m\u00fbre, terre de sang; elle est compos\u00e9e de \u00ab\u00a0Aby\u00a0\u00bb qui signifie sang et \u00ab\u00a0Ala\u00a0\u00bb qui est comme un espace, un territoire, qui vient de la Grande M\u00e8re. C&rsquo;est un symbole d&rsquo;identit\u00e9 et de respect pour le monde dans lequel nous vivons &#8230; \u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Le mot Pachamama vient des voix des Quechua, de &lsquo;Pacha&rsquo; (signifiant &lsquo;Terre&rsquo;) et &lsquo;Manka&rsquo; (signifiant &lsquo;pot&rsquo;). Sa signification serait donc &lsquo;pot de terre&rsquo;, bien qu&rsquo;il soit int\u00e9ressant de noter que dans la langue Aymara il signifie \u00abnourriture de la terre\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>&#8211; Luz Marina Valle<\/p><\/blockquote>\n<p>Luz Marina Valle, travailleuse paysanne et ing\u00e9nieure en gestion agricole, Fundaci\u00f3n Entre Mujeres &#8211; FEM (<em>Between Women Foundation<\/em>), Nicaragua<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir particip\u00e9 \u00e0 la Rencontre sur les femmes et la biodiversit\u00e9 et \u00e0 la IIIe CAPLAC au P\u00e9rou, quel a \u00e9t\u00e9 votre plus grand apprentissage sur le plan personnel et organisationnel?<\/p>\n<p>Elle avait appris et partag\u00e9 des exp\u00e9riences r\u00e9ussies avec d\u2019autres femmes d\u2019Am\u00e9rique latine et des Cara\u00efbes, en particulier celles qui \u00e9taient attach\u00e9es \u00e0 nos terres et \u00e0 notre patrimoine bioculturel. Elle avait eu l&rsquo;occasion de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de construire une nouvelle approche holistique de la conservation, une approche int\u00e9grant une perspective de genre transformatrice et intersectionnelle dans l&rsquo;approche d\u00e8s le d\u00e9but de tout projet ou strat\u00e9gie de conservation, en incluant la voix et l&rsquo;exp\u00e9rience des femmes comme partie int\u00e9grante de ses fondements th\u00e9oriques et pratiques.<\/p>\n<p>Cela m&rsquo;a permis de disposer de meilleurs outils pour contribuer au travail que nous faisons avec le Fundaci\u00f3n entre Mujeres (FEM), en particulier dans notre engagement en faveur de l&rsquo;agro-\u00e9cologie et de la justice environnementale. Il \u00e9tait int\u00e9ressant de participer et de partager nos revendications avec d&rsquo;autres femmes, en utilisant une perspective f\u00e9ministe, agro-\u00e9cologique et de conservation qui est, par cons\u00e9quent, \u00e0 la fois transformatrice et intersectionnelle.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement m&rsquo;a donn\u00e9 les moyens d&rsquo;appliquer une strat\u00e9gie globale au niveau local et des moyens d\u2019\u00e9tablir des liens avec d\u2019autres personnes au sein du r\u00e9seau, afin que notre travail ne soit pas consid\u00e9r\u00e9 comme un effort isol\u00e9 pour sauver l&rsquo;identit\u00e9 et les racines du \u00ab\u00a0 campesino \u00a0\u00bb (travailleur rural) &#8211; mais plut\u00f4t comme un effort partag\u00e9 nous positionnant politiquement contre le syst\u00e8me de domination capitaliste, colonialiste et patriarcal, et nous \u00e9mancipant de toutes les formes d&rsquo;oppression (y compris le genre); et proposant des actions li\u00e9es \u00e0 la restauration des sols, des for\u00eats et des savoirs ancestraux, ainsi qu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9cup\u00e9ration des sources d&rsquo;eau.<\/p>\n<p>L&rsquo;un des engagements que vous avez pris \u00e9tait de partager le manifeste commun deFemmes et biodiversit\u00e9 et d\u2019obtenir l\u2019adh\u00e9sion d&rsquo;autres organisations de femmes et de d\u00e9fenseurs de l&rsquo;environnement. Pensez-vous qu&rsquo;il soit facile de coordonner \u00e0 travers l&rsquo;Am\u00e9rique latine et les Cara\u00efbes?<\/p>\n<p>La coordination avec d&rsquo;autres organisations de femmes et d\u00e9fenseurs de l&rsquo;environnement est possible, pour unir nos forces, tant que nous partageons nos points de vue et choisissons des m\u00e9thodes de changement qui soutiennent la vie. Nous pouvons voir qu\u2019il est possible de nouer des alliances avec des organisations qui partagent des luttes, des id\u00e9ologies et des propositions qui acceptent la biodiversit\u00e9 \u00e9cologique et socioculturelle et des connaissances diverses qui s&rsquo;\u00e9cartent de l\u2019id\u00e9ologie scientifique dominante et qui int\u00e8grent des connaissances et des techniques de culture ancestrales.<\/p>\n<p>Quelles sont les prochaines \u00e9tapes?<\/p>\n<p>Continuer \u00e0 diffuser des outils pour parvenir \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des sexes dans les r\u00e9seaux et les organisations locales &#8211; en particulier le travail que nous avons r\u00e9alis\u00e9 lors de la r\u00e9union de construction collective d&rsquo;un agenda pour les femmes dans la conservation et qui s&rsquo;est conclu par la D\u00e9claration sur les femmes dans la conservation. Continuer \u00e0 cr\u00e9er des espaces et des rencontres avec les organisations, partager leur travail et l&rsquo;impact r\u00e9el sur la vie des femmes et des communaut\u00e9s, afin qu&rsquo;elles puissent partager leurs exp\u00e9riences de leurs luttes communes et unir leurs forces.<\/p>\n<p>La sylviculture analogique, le sauvetage de semences anciennes et la m\u00e9thode bio-intensive sont des m\u00e9thodes alternatives \u00e0 utiliser face \u00e0 la crise climatique que nous traversons &#8211; et cela fait partie du travail que le FEM coordonne depuis longtemps. Avez-vous d\u00e9couvert d&rsquo;autres pratiques diff\u00e9rentes?<\/p>\n<p>L&rsquo;exp\u00e9rience a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s fructueuse car elle nous a permis de partager le travail que nous r\u00e9alisons au niveau local sur des alternatives respectueuses du climat, soulignant la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un nouveau r\u00e9cit et de modes de fonctionnement qui identifient clairement les visages des personnes impliqu\u00e9es (dans la production) et qui int\u00e8grent l&#8217;empathie, l&rsquo;affection et l\u2019attention; qui reconnaissent la valeur du travail quotidien qui entre dans la conservation et les initiatives ascendantes, et qui relient les gens \u00e0 la terre et \u00e0 eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>Diverses pratiques sont utilis\u00e9es, telles que le syst\u00e8me de culture Milpa dans les vergers forestiers, les tranch\u00e9es de percolation pour la gestion de l&rsquo;eau, la production d&rsquo;aliments pour le b\u00e9tail, les syst\u00e8mes de sylvopastoralisme, les syst\u00e8mes de r\u00e9gulation de l&rsquo;eau, les terrasses individuelles pour la plantation d&rsquo;arbres, la plantation de cultures mixtes avec des plantes p\u00e9rennes, la permaculture et les syst\u00e8mes hydroponiques, \u00e0 titre d\u2019exemples concrets.<\/p>\n<p>Une partie de votre travail se d\u00e9roule dans des zones prot\u00e9g\u00e9es. La rencontre a-t-elle eu l&rsquo;occasion d&rsquo;analyser et de mettre en lumi\u00e8re le travail des femmes dans le domaine de la conservation et de la protection? Comment l&rsquo;une de ces pratiques pourrait-elle \u00eatre appliqu\u00e9e au niveau local, dans votre travail quotidien en tant que la FEM ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il est important de rendre visible notre contribution aux \u00e9conomies des pays et de mettre en lumi\u00e8re le r\u00f4le important que jouent les femmes dans la conservation, en particulier celles d\u2019entre nous qui travaillent au niveau communautaire. Nous ne devons pas perdre le lien entre la conservation des sols, de l&rsquo;eau, des for\u00eats et de la faune et les actions de plaidoyer politique.<\/p>\n<p>En quelques mots, quel sentiment r\u00e9sume votre exp\u00e9rience?<\/p>\n<p>J&rsquo;ai un sentiment d&rsquo;optimisme, \u00e0 la recherche d&rsquo;un monde meilleur et plus humain pour parvenir \u00e0 une justice sociale, environnementale et \u00e9conomique pour tous les \u00eatres vivants de la plan\u00e8te.<\/p>\n<p>Mar\u00eda Raquel V\u00e1squez, Asociaci\u00f3n de Mujeres Madre Tierra (<em>Mother Earth Women\u2019s Association \/ Association des femmes de la Terre M\u00e8re<\/em>), Guatemala<\/p>\n<p>Vous \u00e9tiez pr\u00e9sente \u00e0 la s\u00e9ance de cl\u00f4ture de la III CAPLAC, aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;autres femmes d&rsquo;Am\u00e9rique latine. Depuis lors, vos demandes en tant que femme autochtone et en tant que d\u00e9fenseur de la terre sont-elles rest\u00e9es les m\u00eames?<\/p>\n<p>Oui, bien que (la majorit\u00e9) des participants se consacrent \u00e0 la conservation, au cours des discussions, nous avons approfondi l&rsquo;int\u00e9gration des perspectives culturelles et environnementales et des connaissances ancestrales des communaut\u00e9s autochtones d&rsquo;origine dans la conservation. Nous savons qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire de renforcer ces liens entre les femmes, afin que toutes les revendications soient d\u00e9fendues dans tous les espaces (comme les droits des femmes, des jeunes femmes et des filles), afin de reconna\u00eetre le grand effort que nous, les femmes, consacrons \u00e0 la conservation de la nature et \u00e0 l\u2019acquisition des connaissances dans diff\u00e9rents domaines ainsi l&rsquo;importance de vivre sans violence.<\/p>\n<p>En tant que \u00ab\u00a0 Madre Tierra \u00a0\u00bb ( \/ Association des femmes de la Terre M\u00e8re), vous participez \u00e0 d&rsquo;autres espaces au niveau national ax\u00e9s sur la r\u00e9duction des risques climatiques et poussant \u00e0 l&rsquo;approbation d&rsquo;une loi de d\u00e9veloppement \u00e9conomique pour les femmes, qui reconna\u00eet les femmes comme sujets politiques et des propri\u00e9taires fonciers. Pensez-vous qu&rsquo;il existe des programmes similaires en Am\u00e9rique latine et dans les Cara\u00efbes, ou y a-t-il des diff\u00e9rences r\u00e9gionales?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>J&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 que, bien que nous soyons confront\u00e9s aux m\u00eames probl\u00e8mes, aux m\u00eames besoins et m\u00eame que nous partagions certaines strat\u00e9gies, l&rsquo;un des sentiments les plus urgents est la lutte pour l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la terre. Ce probl\u00e8me n\u2019est toujours pas r\u00e9solu dans tous les pays &#8211; contrairement aux grands efforts que nous, les femmes, avons d\u00e9ploy\u00e9s pour r\u00e9aliser des progr\u00e8s dans la production agro-\u00e9cologique, dans la conservation et la r\u00e9cup\u00e9ration des sols, et dans la d\u00e9fense des terres. Ces revendications sont plus fortement ressenties parmi les travailleuses rurales autochtones et \u201ccampesina\u201d.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Votre combat est ax\u00e9 sur la sensibilisation des communaut\u00e9s et l&rsquo;\u00e9ducation, montrant que le changement est possible gr\u00e2ce \u00e0 des alternatives agro-\u00e9cologiques qui contrecarrent la monoculture de la canne, du palmier, de l&rsquo;ananas et de la banane. Avez-vous d\u00e9couvert d&rsquo;autres strat\u00e9gies de conservation qui peuvent \u00eatre adapt\u00e9es \u00e0 votre contexte?<\/p>\n<p>Oui, il existe plusieurs strat\u00e9gies, bien que les contextes soient diff\u00e9rents pour de nombreuses femmes et selon les r\u00e9gions, et m\u00eame les politiques de d\u00e9veloppement varient dans chaque pays. Nous optons pour une strat\u00e9gie de sensibilisation qui implique l&rsquo;ensemble de la communaut\u00e9, ax\u00e9e principalement sur la population jeune en tant que groupe de \u00abjeunes \u00e9co-promoteurs\u00bb, et la r\u00e9cup\u00e9ration des savoirs ancestraux qui font partie de notre histoire. Gr\u00e2ce \u00e0 notre travail de sensibilisation, nous avons m\u00eame r\u00e9ussi \u00e0 inclure ces sujets dans le programme scolaire aux niveaux primaire, secondaire et du baccalaur\u00e9at.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai fini par comprendre que les luttes de nous toutes, femmes, sont similaires &#8211; et nous les combattons toutes depuis l&rsquo;endroit o\u00f9 nous nous trouvons. Les universitaires le font par le biais de l\u2019universit\u00e9, tandis que les femmes rurales et autochtones le font depuis leur propre espace &#8211; mais l\u2019important est de savoir comment rassembler toutes ces connaissances, renforcer ce que chacun de nous fait d\u00e9j\u00e0 et l&rsquo;\u00e9lever au rang des d\u00e9cideurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9crit par \u00c9vora Barreiro, consultante du Programme Femmes et Justice Environnementale \u00e0 la FCAM) \u00abCe n\u2019\u00e9tait pas l\u2019endroit, c\u2019\u00e9tait les gens. 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