Les femmes d’Entre Ríos mènent des campagnes de sensibilisation sur l’utilisation et la gestion de l’eau


Le pétrole et le gaz jouent depuis longtemps un rôle important à Tarija, un département situé dans le sud de la Bolivie. Les exportations d’hydrocarbures représentent la principale source de revenus du pays et la majorité d’entre elles proviennent de Tarija. En conséquence, le gouvernement bolivien a souvent choisi de faire passer l’extraction du gaz naturel et du pétrole avant la protection des populations autochtones et de leurs terres, dans un pays qui est l’un des plus vulnérables au changement climatique.

Dans la région d’Entre Rios, les communautés dépendent de deux rivières et sources principales pour leurs moyens de subsistance et pour leur consommation quotidienne et les tâches ménagères. Ces dernières années, elles ont connu des pénuries d’eau comme jamais auparavant. Les rivières se sont presque asséchées, affectant les moyens de subsistance des communautés, en raison des impacts du changement climatique liés à la hausse des températures et à l’allongement des saisons sèches.

Ces mêmes sources d’eau ont également été contaminées par le pétrole provenant des champs pétrolifères voisins mis en place par des entreprises sous contrat avec le gouvernement bolivien. Les communautés n’ont d’autre choix que de boire cette eau polluée pour survivre, surtout en période de sécheresse.

Les femmes de 40 communautés d’Entre Ríos, regroupées au sein de AMPRO. Foto: AMPRO.

Face à cette situation, les femmes de 40 communautés d’Entre Ríos, regroupées au sein de l’Asociación de Mujeres de la Provincia O’Connor (Association des femmes de la province de O’Connor ou AMPRO), mènent des actions pour sauver leurs rivières. Elles récupèrent les connaissances ancestrales sur l’eau et sensibilisent les communautés et les écoles à l’utilisation et à la gestion efficaces de l’eau, ainsi qu’à la protection des rivières locales, par le biais de formations en personne, de programmes radio, de foires scolaires et d’autres canaux de communication locaux.

Pendant les foires scolaires, les femmes montrent aux élèves comment construire des réservoirs de collecte d’eau à partir de bouteilles recyclées afin de stocker l’eau pendant la sécheresse et d’entretenir de petits potagers biologiques pour assurer l’alimentation de chaque famille. L’AMPRO a également rédigé une loi intitulée « Protection et conservation des sources d’eau » (“Protección y Conservación de las Fuentes de Agua”) et l’a présentée aux autorités locales afin de leur montrer des alternatives pour gérer la crise de l’eau. Les autorités locales l’ont approuvée et les femmes veillent désormais au respect de la loi.

L’AMPRO promeut également les produits écologiques, les engrais organiques, le boisement et le reboisement. Elle forme des alliances interinstitutionnelles et renforce la capacité de ses membres à poursuivre leur travail de plaidoyer pour la protection de l’environnement et des rivières qui sont pour eux une source de vie.

 

L’AMPRO est soutenue par el Fondo de Mujeres Del Sur, qui fait partie du réseau GAGGA.

Illustration par @Naandeyeah.


Related Post

La lutte pour conserver notre qualité de vie

Aujourd’hui, on ne peut plus savoir quand les eaux montent et descendent. Ixé Márcia Mura, sé mira sá Mura, sé…

See more

Des féministes du Sud global aux décideurs de la COP : Un changement radical pour la justice climatique

« La justice climatique signifie… s’attaquer aux causes profondes de la crise climatique – notamment la production, la consommation et le…

See more

Que fait exactement la GAGGA ? Découvrez-le dans cette nouvelle animation

Les femmes, les filles, les personnes trans, intersexes et non binaires du monde entier travaillent déjà à des solutions climatiques…

See more

Abonnez-vous à notre newsletter

Inscrivez-vous et tenez-vous au courant de la lutte collective de notre réseau pour un monde équitable et respectueux de l'environnement.